Envoûtant...tel est le mot parfait pour décrire Blue Velvet...
Tout commence par un générique avec un plan sur du velours bleu (le fameux Blue Velvet), puis un fondu montrant le ciel, la caméra baisse et montre une barrière avec des roses sur la musique Bluuuuuuuue Velvet, musique décrivant à elle seule l'ambiance du film, le quartier est présenté comme simple, normal, calme, jusqu'au drame...
Le père du héros a un accident vasculaire, évènement troublant la tranquilité du lieu décrit, en allant le voir à l'hopitâl, son fils Jeffrey découvre une oreille coupée dans un petit terrain vague, il la rapporte à la police, à l'inspecteur Williams où Jeffrey va faire la connaissance de Sandy et va mener sa propre enquête aidé par cette dernière, une enquête qui va se réveler très dangereuse.
Certes, c'est le moins étrange des Lynch que j'ai vu avec Sailor et Lula, mais Blue Velvet n'est pas un film policier normal, tous les personnages du film sont... justement étranges, Dorothy Vallens, une femme psychologiquement dérangée à qui son fils et son mari ont été enlevés par un homme scrupuleux et pervers : Frank Booth, je n'en dis pas plus, mais ces deux personnages sont un peu, voir beaucoup, dérangés...
Blue Velvet, du velours bleu, voilà le terme qui revient tout le temps dans le film, sous la forme d'une chanson, d'un habit ou d'une sorte de foulard, il est quasiment omniprésent. Obsédé par cette matière, Dennis Hopper, qui interprète Frank, est impressionnant, très impressionnant, il ne joue pas Frank, il l'est. Tous les acteurs du film sont dans la peau de leurs personnages, mention spéciale à Isabella Rosselini, dont on croirait vraiment qu'elle est dérangée, même les acteurs de moindre importance comme celui qui joue Paul (un homme de main de Frank) ou encore l'inspecteur Williams, ils effectuent tous des performances très réalistes.
Le film bascule au fur et à mesure dans le loufoque, l'étrange jusqu'au dernier moment où il revient "dans le monde réel", un monde avec des rouges-georges... certaines scènes, voir beaucoup même, sont marquantes, comme le moment où Ben chante, scène assez incongrue mais vraiment superbe. Le film est d'un rythme lent, qui le rend envoûtant, bercé par la magnifique musique d'Angelo Badalamenti ou les différentes chansons du film, instaurant une ambiance assez planante par moments, ce rythme lent ne m'a pas du tout dérangé, au contraire, si le film avait été plus rapide, il aurait été moins bon, la lenteur permet de bien développer les scènes, notamment celles où Jeffrey regarde à travers le placard. C'est alors là qu'on se demande : que va-t-il faire ? Va-t-il laisser Frank violer Dorothy ? Le scénario est bien ficelé et reserve quelques petites surprises, je ne m'attendais pas à ce que Jeffrey frappe Frank dans la voiture ou que Mike attaque Jeffrey par exemple. Justement, pour Mike, Lynch a eut une bonne idée, durant le film on observe l'évolution de la relation entre Jeffrey et Sandy, on sait que Mike son petit-ami est là, mais il n'apparait qu'une fois et on le voit mal, le spectateur l'oublie lorsqu'il revient tout à coup subitement, une bonne idée je trouve.
Une conclusion s'impose : Blue Velvet est meilleur que Sailor et Lula, et maintenant j'ai qu'une envie : voir un autre Lynch.